Crap. Same player play again.
Par Mike, le 4 octobre 2009 à 22:04

Je crois avoir bien géré le début de mon parcours. Me renseignant, contactant les bonnes personnes, agissant rapidement.

Et puis ? Et puis, je ne sais pas.

Me refaire opérer me rebutait. La mammec m’avait pas mal refroidit. Pour pas grand chose en plus. Des perfusions, des ponctions, une nécrose. C’était presque rien, j’en suis très conscient, mais aussi con que ce soit, j’ai eu du mal à encaisser tous ces trucs. Et l’idée de recommencer 6 mois plus tard, en sacrifiant mes vacances pour une opération dont je me fichais… J’ai pas vraiment pu.

En parallèle, il y avait le changement d’état civil a lancer. Au départ, l’avocate voulait attendre l’opération, mais comme je l’ai repoussé, on a lancé la procédure.

Je n’avais même pas étudié la juriprudence locale, je savais bien que mon avocate se foutait pas mal de mon dossier, mais je n’avais pas envie de me poser de question. Je voulais lancer ce truc, histoire de pouvoir enfin me dire “c’est fait, il n’y a plus qu’à attendre”, et puis donc, attendre. Simplement attendre jusqu’à obtenir un oui. Je n’étais pas pressé, j’étais juste fatigué. Je voulais ne rien avoir à faire. Choisir un autre TGI ? Trouver un autre avocat ? Non, juste attendre.

Il faut dire qu’au milieu, l’attente n’a pas été de tout repos. Un stage assez catastrophique, une rupture, un premier job, un démenagement. Je n’ai pas beaucoup avancé cette année, pourtant l’année a été bien remplit.

Mais revenons plutot à mon changement d’état civil :
Le dossier a été déposé fin aout 2008 au tribunal de Nimes.
Je suis passé au tribunal début janvier 2009.
Le tribunal a ordonné deux expertises en mars 2009.
J’ai passé (ou pas) l’expertise médicale en mai 2009.
Le jugement de septembre 2009 a été reporté à décembre 2009 car un des deux experts ne m’avait toujours pas convoqué.
J’ai passé l’expertise psy en octobre 2009.

Et de toute évidence, en décembre, on va rejeter ma demande (faudra d’ailleurs que je cause de mes expertises, mais ce sera pour une autre fois).

Je pourrais rejeter l’intégralité de cet échec sur mon beau pays et cette belle justice. Mais il faut admettre que je suis en parti responsable.

J’aurai pu mieux gérer, mieux me renseigner, et fuir dès le début cette voie qui ne sentait clairement pas bon. Mais j’ai choisi de mettre tout ça de coté, de mon consacrer sur le reste de ma vie, sur ce que j’avais à construire plutot que sur ce que je devais terminer.

Est ce bien ? Est ce mal ? Dans le fond, je me fiche de la réponse. Les choses auraient pu être autrement, mais sans doute en avais-je besoin. Ce qui me console, c’est que ca ne m’a rien couté. Si j’avais du payer la procédure et les deux expertises de ma poche, j’aurais sans doute bien plus les boules.

Un coup pour rien. J’ai tenté, j’ai perdu, je ferais mieux la prochaine fois.

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Wake up!
Par Mike, le 4 octobre 2009 à 19:18

Je me rappelle, il y a pas loin de deux ans de ça, avoir lu Carot, qui sur son blog disait avoir réalisé qu’il laissait trainer les choses en voyant que je venais de faire ma mammectomie, avant lui, alors que jusque là nos parcours avaient été assez coordonnés. L’inverse c’est produit cet été, quand il a publié le compte rendu de son hystérectomie. Un seul constat s’imposait : putain, depuis ma mammec en 2007, je traine. Bon, il y a bien eu une tentative d’hysto début 2008, mais depuis, rien.

Je ne sais pas trop pourquoi. Un besoin de pause ? De prendre du recul ? Sans doute. J’ai pas mal enchainé depuis 2006, je crois que je saturais de voir ce truc au centre de ma vie. En plus, ca coincidait avec mon début de stage de fin d’étude, le dernier pas avant la vie active. Assez naturellement, j’ai fermé un tas de porte à cette période. Délaissant les forums sur lesquels je me réfugiais quotidiennement avant, lassé de ces mêmes discussions qui revenaient encore et toujours. Un défilé de nouveau venu, qui traversaient exactement les même étapes que moi, se posaient les même questions que moi, partageaient les même douleurs que moi. C’est constructif au début, ça rassure sans doute en rendant les choses si banales. Et puis… et puis on se lasse. On tourne en rond. On fini par saturer.

Nouvelle vie, nouveaux horizons.

Dans le fond, je suis content d’être passé par là. Je crois que ça aurait été beaucoup plus difficile à vivre si j’avais attendu la fin de ma transition pour me retrouver devant un gros vide. Là, ça c’est fait assez naturellement.

Le bémol dans l’histoire, c’est que j’en ai presque oublié que ce n’était pas fini. Quoi ? Moi trans ? Merde, j’avais zappé.

Pourtant, il me restait deux choses importantes à accomplir. Déjà l’hysto, puis bien sur, le changement d’état civil. Le premier ne m’important pas du tout (dégager de mon corps des choses que je ne vois pas, ne sens pas…), le second ne m’important que moyennement (c’est vrai que ça aurait été sympa de ne plus jouer les agents doubles, mais ça ne me bloquait pas plus que ça…).

Du coup, rien. La demande de changement d’état civil a été lancé, et je l’ai laissé poursuivre sa très lente avancée sans m’en soucier.

Et puis, Carot est arrivé, me faisant prendre conscience que les choses n’avaient que trop durées. C’est vrai que je m’en fous de mon hysto, mais ce serait bien de ne plus la compter dans les choses à faire. Et je m’en fiche aussi un peu que mon changement d’état civil traine en longueur, mais parti comme ça, la longueur va se transformer en une bonne décénie.

Bref, debout là dedans, il serait temps de se remuer un peu.

Objectif n°1 : Faire l’hysto avant la fin de l’année. En décembre si tout va bien. Au départ, j’étais dans l’optique de faire ça dans un hopital public. En clair, ne pas avoir à payer de ma poche pour une opération aussi banale. Sauf que, comme toujours, c’est plus galère que ça ne le devrait, et je suis pas motivé à me compliquer la vie. Et puis il se trouve que ma mutuelle prévoit le remboursement de l’intégralité des suppléments d’honoraires… Alors, pourquoi se priver ? Je dois voir le Dr G (qui m’a opéré pour la mammec) dans les semaines à venir. J’étais réticent à repasser par lui, parce que je n’avais vraiment pas apprécié comme il avait tenté de se vendre lors de notre dernier rendez-vous, j’avais trouvé ça très déplacé de la part d’un médecin. Et du coup, lui remplir les poches, ca me faisait chier… Mais bon, comme on dit, il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis :p

Objectif n°2 : Relancer une demande de changement d’état civil, loin de Nimes, dès que l’objectif n°1 est atteint. En essayant de ne pas reproduire la même erreur, et fuir tout tribunal qui demande des expertises.

Objectif n°3 : Sortir le champagne pour fêter la fin de tout ce parcours dès 2010 !

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Métro boulot dodo ou les charmes discrets de la routine
Par Mike, le 15 juillet 2009 à 22:55

Wow y’a pas à dire, mes messages ici s’espacent de plus en plus. 8 mois depuis le dernier. Faut dire que s’il n’y avait pas les emails me signalant tous les commentaires spams en attentent de modération que je recois quasi quotidiennement, j’en arriverais presque à oublier l’existance de ce blog. Ce qui est c’est plutot positif. Ecrire est un exhutoir, et mes envies d’écrire ne frappent à la porte que lorsque je vais mal.

Mais bon, puisque ca fait maintenant deux fois qu’on me demande des nouvelles, et que j’avais déjà promis d’en donner la dernière fois, autant le faire tout de suite, parce que sinon, c’est une nouvelle promesse non tenue qui va arriver.

Quoi de neuf ? Vague question quand on a 8 mois de retard.

Je suis à Paris, mais je l’avais sans doute déjà dit. Toujours dans la boite où j’ai signé après l’obtention de mon diplome, et tout se passe bien. Bonne ambiance, des gens sympas, pleins de geek, un boulot qui roxx, un salaire qui roxx aussi. De ce coté, y’a pas eu un seul nuage depuis un looong moment.

Là où ca a été la galère, c’est pour trouver un toit. J’ai débarqué sur Paris, sac à dos sur le dos, en octobre 2008. La veille de débuter mon nouveau job. A l’époque, je devais occuper le canapé d’un couple d’ami le temps de trouver un appart’. Eux me disaient de rester plusieurs mois si je le souhaitais, histoire de mettre un peu d’argent de coté, et moi je pensais en avoir pour une paire de semaine. 3 ou 4 tout au plus.

La réalité était loin de là. Déjà, mes premières démarches m’ont rapidement remis à ma place : malgré mon CDI, il fallait que j’attende la fin de ma période d’essai. Donc 3 mois. Je dois avouer que j’ai pas insisté plus que ca. Mes collocs eux même m’ont poussés dans le sens de prendre mon temps, et ma déprime post-rupture faisait que j’étais pas vraiment au top de ma forme. J’ai donc laissé coulé jusqu’en janvier. Alternant entre l’appart du couple d’ami, et celui de ma tante (bien plus près de mon boulot, mais où on était bien plus à l’étroit).

En janvier, ca a été la grosse grosse claque. Premières visites, premiers appart’ pourris, et surtout premiers proprio qui voyaient d’un très mauvais oeil ma situation. Débarquer mal rasé à un RDV pour sortir une carte d’identité avec un état civil féminin, ca passe mal. J’ai enchainé cons sur cons. Entre ceux qui me regardaient comme si j’étais une bête de foire, les “ah non c’est trop compliqué, ca va pas être possible”, et ceux plus laches qui trouvaient des excuses vaseuses. Au final, malgré un salaire dépassant les trois fois le loyer, un CDI, et mes parents qui se portaient caution, il a fallu que j’attende le mois de mai pour enfin signer un bail. En dehors du dégout de croiser autant de gens cons, et de la déception parce que j’étais bien content de jusque là pouvoir me vanter de ne jamais avoir été discriminé, ca a été une période assez lourde. Squatter un canapé pendant six mois, ne pas avoir de chez soi, d’intimiter, et sentir qu’on dérange toujours quelqu’un ou qu’on soit… Ca a vraiment été un énorme soulagement et relachement de pression le jour où j’ai enfin pu emmenager. En plus, je suis super bien tombé au final. J’me retrouve dans un studio qui a plus des allures de F1 que de studio, dans Paris même, et surtout, luxe du luxe à Paris, à 5 minutes à pied du bureau ! Bon, faut pas rêver, il a un tas de défaut, l’agence qui le gère s’en tamponne comme pas possible, mais osef, il roxx. Et surtout, j’ai enfin retrouvé mon intimité et suis débarassé de ce sentiment de gêner en permanence qui commencait à me bouffer la vie.

Le reste, a vrai dire ca n’a pas beaucoup bougé. Déjà la recherche d’appart puis le démenagement ont occupé une très grande partie de mon temps, mais surtout… je sais pas… c’est comme si j’oubliais ce qu’il me reste à faire dans cette transition. Ce qui devait être fait a été fait. Le reste, c’est des démarches dont je me fous totalement. Du coup, ca traine. D’ailleurs, ca me fait réaliser que j’ai pas causé de l’avancement (ou plutot du non avancement) de mon changement d’état civil ici.

Pour résumer ce que j’ai déjà du raconter dans le passé, j’ai contacté une avocate de Nimes début 2008. Mon hystérectomie était alors planifiée pour le mois de mars, nous avions donc mis en attente la composition du dossier le temps d’en finir avec le coté médical. Puis finalement, l’hystérectomie est tombée à l’eau. Malade le jour de l’opé, mais ca m’arrangeait bien, j’avais besoin d’un petit break. Un mois de repos m’a fait le plus grand bien à l’époque. (Bien que maintenant j’ai du mal à redemarrer). Du coup, on a monté le dossier sans tout ca. Témoignages, justificatifs en tout genre, ma demande a été déposée fin septembre (ou p’tre août, ma mémoire me joue des tours). J’ai été convoqué au tribunal de Nimes le 7 janvier. Prise de congé, traversage de France, pour un truc qui a duré montre en main moins de 10 minutes. Le temps pour le procureur de requerir des expertises pour vérifier que je sois bien de “sexe masculin” et pour mon avocate de présenter le truc, les étapes de ma transition, et surtout demander à ce que je ne fasse pas ces putains d’expertises vu que bordel de merde, y’a déjà eu un bon paquet de docteurs pour vérifier et revérifier avant.

Verdict le 4 mars : je dois faire deux expertises, l’une médicale, l’autre psychologique. Le jugement est lui reporté au mois de septembre. G.E.N.I.A.L.

J’ai ensuite été convoqué par le premier docteur, pour l’expertise “médicale” le 11 mai. J’avais demandé à mon avocate de m’assister, elle a demandé à une de ses collègues plus spécialisé dans le médical de m’accompagner. Dès le départ, l’avocate m’avait prévenu que je n’avais pas eu de chance, que le type était connu pour être assez irrespectueux au cours des expertises (pour des accidents, rien à voir avec mon cas, mais quand même). Le ton a été donné, “Bonjour Monsieur, oups Mademoiselle”. Et ca a été comme ca du début à la fin. Même son assistante semblait génée qu’il se “corrige” sans arrêt. J’ai rien dis, acquisé de la tête quand on me le demandait, me suis présenté, ai raconté mon parcours médical… Le tout avec quelques reflexions du docteur sur le fait que je n’ai pas d’hystérectomie ou que je n’envisage pas de phalloplastie. Je lui ai poliment répondu que ca ne le regardait pas. Qu’il vérifie ce qui a été fait. Puis il a été question d’examen physique. Il voulait attester de mes opérations. Soit. Sauf qu’il a voulu commencer par un examen gynécologique. “Hum, mais j’ai pas été opérer”. “Oui je sais, mais je dois vérifier que vous n’avez vraiment pas subit d’hystérectomie”. Mais c’est quoi cette blague ? Quel serait mon interet de cacher que j’ai eu une hystérectomie ? L’échange a finalement tourné court. J’ai maintenu mon “NON” malgré l’insistance du toubib et de l’avocate. Expliquant que je refusais qu’on vérifie quelque chose qui n’a pas eu lieux.

Au final, le rapport conclu par un “refus d’examen”. Mais il m’a parait-il fait une fleur en ajoutant qu’il demandait à ce qu’on refasse l’expertise (en entier cette fois) le jour où j’aurais fait mon hystérectomie. Il m’accorde une seconde chance, et “me conseille de la saisir”. Sauf que non, hystérectomie ou pas, non. Et puis surtout, si elle est faite, c’est quoi ce délire ? Si j’ai le compte rendu opératoire du chir, ils veulent vérifier quoi ? Que le chir n’a pas menti ? Mais on vit où ? Si ils ne croient pas les docteurs, à quoi bon m’être fait chier à voir un psy ? A devoir fournir tous les justificatifs médicals de mes opérations ?

L’avocate m’a sermoné après l’expertise. Elle pense que sans un avis positif de l’expert, jamais le tribunal ne m’accordera le changement d’état civil. D’après elle, “on ne peut pas toujours se permettre d’avoir des principes”. Genre je dois me foutre à poil et ne rien dire ? Je suis désolé, mais si. J’ai un boulot, un toit, je peux me payer le luxe d’avoir des principes. Si moi je ne le fais pas alors que j’en ai la possibilité, qui le fera ?

Le pire dans tout ca, c’est que je m’en fous un peu. Ils peuvent rejeter ma demande en septembre… Ca ne changera pas grand chose à ma vie. Je vis depuis quelques temps maintenant dans ce bordel administratif, je m’en sors plutot bien. C’est sur que si on me filait ce putain d’état civil, je ne cracherais pas dessus. Mais si il faut retenter ailleurs… Ce ne sera pas la fin du monde non plus. Soyons concret, dans le meilleur des cas, ma demande est acceptée sans hysterectomie et sans expertise. Dans le pire, ma situation ne bouge pas… J’ai rien à perdre, tout à gagner.

Pour le reste ? Metro boulot dodo. La routine a son charme. Après des années @larache, je l’apprécie, la savoure. Je vais de temps en temps voir mes parents, le temps d’un week-end, rarement plus. Même s’ils me manquent, il y a toujours un tas de choses à faire dès qu’un peu de temps libre se libère, alors on essaye de partager. La copine, les projets, les amis, la famille. Les journées ne font que 24h. La relation avec eux évolue lentement. Faut dire qu’on a un lourd passif. C’est un peu les montagnes russes avec mon père, un moment ca va, un autre moins. Mais il fait des efforts, et dans l’ensemble ca progresse dans le bon sens. Il y a même eu un pas énorme récement. Suite à l’expertise médicale raté, il a proposé d’écrire un témoignage pour appuyer ma demande. Je ne suis pas sur que ca puisse réellement changer les choses, mais symboliquement, c’est plus qu’énorme. Mon père tellement reticent à tout ca, qui tente de m’aider, c’est juste… inimaginable. Je crois qu’avec le temps, même si ils ont toujours du mal a accepter la perte de leur fille, ils se rendent compte que j’m'en sors pas trop mal. J’ai décroché mon diplome, ai trouvé du boulot super rapidement. Je crois qu’ils flippaient vraiment, que ca soit un frein pour moi, que même si j’avais réussi à gérer les études, ca bloque le coté professionnel, que personne ne veuille m’embaucher. Et c’est finalement passé comme une lettre à la poste. Ils ont été pas mal désespéré quand j’ai galéré pour trouver un appart, de voir que nos trois salaires ne suffisaient pas pour combler un prénom qui cloque. Ils m’avaient même proposé de louer un appart à leur nom pour tenter de contourner le problème.

Le seul truc qui coince encore, c’est la facon de m’appeler. Ils ne prononcent plus mon prénom, toujours un diminutif, mais pour l’instant impossible d’en demordre. Au delà même le fait qu’il est dur de changer les habitudes, ils n’en ont pour l’instant même pas l’envie. Alors je laisse couler, je me dis qu’un jour ca viendra… C’est pas le peu que je les vois qui rend la situation vraiment génante. C’est vrai que c’est toujours étrange sur le coup, mais dans les deux sens je crois. Moi j’ai du mal à réagir aux pronoms féminins tant ils ne font plus partis de mon quotidien, eux ont du mal à me regarder, voir les changements sans doute. Je sais pas trop, je doute qu’ils oublient, et je doute avoir changé d’un mois sur l’autre. P’tre que la distance éloigne la réalité, qu’ils se la reprennent en pleine tête à chaque fois. J’ai vraiment envie que les choses viennent d’eux, ne pas les imposer, leur laisser le temps. D’ailleurs, de temps en temps, ca leur échappe.

Ma soeur ne me parle quasi plus qu’au masculin depuis un moment déjà. Le prénom coince toujours, mais tout les accords et pronoms y sont passés. Elle me présente à ses amis comme son frère.

Ma mère, c’est encore plus mitigé, elle commence à faire des accords au masculin. Petit à petit, un par ci, un par là. Je ne suis pas sur qu’elle se rende toujours compte. Je crois que ca devient vraiment dur pour elle de lutter quand elle m’a en face. Je me souviens d’ailleurs la premiere fois où ca lui a échappé. Elle s’est corrigé immediatement, repassant sa phrase au féminin. Et j’ai vu la panique dans ses yeux, la peur de perdre, de lacher cette fille à laquelle elle s’accroche aussi fort qu’elle peut.

Mon père… pareil, je sais pas si il se rend compte, mais il tronque de plus en plus les pronoms et les accords quand il parle de moi. Y’a plus de elle, mais il n’y a pas de vide. Il n’y a plus de sujet dans les phrases, plus d’accord des adjectifs, on passe au neutre.

Le reste de la famille… Ca dépend. Ma tante alterne, selon si elle fait attention ou pas. Ma grand-mère me donne des “ma chérie” qui sonnent d’un ridicule effrayant… Tiens d’ailleurs, j’ai vécu chez une tante un moment. Pas une “vraie” tante, l’ex de mon oncle, qui a été ma tante par alliance durant toute mon enfance, et qui reste donc ma tante maintenant. Elle était une des dernières personnes a ne pas savoir. Vivant sur Paris, moi dans le sud, on n’avait quasi aucun contact depuis que j’étais parti de chez mes parents… Il s’est trouvé qu’au cours d’une visite à Paris de mes parents, ils l’ont vu et lui ont donc résumé la situation. Elle m’a ensuite appelé pour qu’on se voit. Ma mère lui avait fait peur, lui disant que j’avais trop changé. Je crois qu’elle s’attendait à ne plus me reconnaitre, voir débarquer un grand barbu inconnu devant sa porte. Elle a donc été rassuré de voir que si effectivement j’avais un peu changé, ce n’était pas choquant, j’étais juste une version de moi vieilli de 5 ans depuis la dernière fois. Et les choses se sont bien passés, puisque finalement j’ai même vécu chez elle un moment. Elle a rapidement prit le pas, corrigeant ses accords et m’appelant par mon nouveau prénom assez simplement. Ne pas m’avoir vu ni parlé pendant un long moment a du aider beaucoup les choses, moins d’attachement et d’habitude c’est sur.

Bref voilà, je pense avoir rattrapé le plus gros des news :P J’aimerais pouvoir dire que j’ferai attention à tenir ce blog à jour en temps et en heure à l’avenir, mais je suis sur que je ne le ferai pas. Alors à dans 9 mois pour le résumé des 8 mois précédents ;)

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Today, my day.
Par Mike, le 27 novembre 2008 à 22:42

J’ai toujours adoré mon anniversaire. Ce jour rien qu’à moi. Y’a pas à dire, le 28 novembre, c’est LE jour où il ne s’est jamais rien passé, où il n’y a qu’une seule et unique chose à fêter : moi. Ces dernières années, j’avais adopté un petit rituel. Le jour de mon anniversaire, je faisais pêter les cours, et je tentais d’organiser une journée “parfaite”. Pas de limite, pas de contraintes, juste ce que j’avais envie de faire, rien de plus. Cette année, les choses risquent d’être bien différentes. Mon anniversaire, je vais le fêter au boulot. Grosse journée en plus : mise en production du projet sur lequel je bosse depuis plusieurs semaines. Gros stress en prévision, mais quelque part, ca me plait. Premier job, premier pas dans la vie, la vraie, et faut que la première étape importante tombe ce jour là. Un autre grand pas c’était produit un 28 novembre, il y a deux ans exactement : ma première injection de testo.Putain, ca faisait un bail que j’avais rien posté ici. J’ai failli plusieurs fois. Parler d’anecdotes useless autour, de cette cuisse que j’me suis bloqué une semaine, de cette peur des piqures qui m’a tiraillé un moment, du passé qui est venu sonner à ma porte ou plutôt à ma boite aux lettres, de mon stage qui est parti en sucette, de la fin du bahut, de mon nouveau boulot… Il y en aurait eu à dire, mais j’ai pas réussi à trouver l’envie. Dans un premier temps, je crois que j’ai vraiment eu besoin d’un break, faire une pause avec cette partie de ma vie qui avait prit tellement de place au cours de ces deux dernières années, me tourner vers le reste des choses, vers “la vie, la vraie”. Puis ensuite, cette rupture. J’ai été tenté d’apaiser ma douleur en écrivant quelques mots, mais c’était trop dur. Finalement, tout ce qui a été écrit ici s’est produit “avec elle”, et continuer “après elle”… Je sais pas, j’y arrivais pas. Bref, je ne suis jamais rentré dans les détails de ma vie de couple, alors continuons ainsi. Juste qu’aujourd’hui sans pouvoir (ou surtout vouloir) expliquer concrètement le pourquoi du commment, ca va.Les choses ont donc bien bougées en quelques mois. J’avais parlé de mon début de stage qui se passait bien, mais les choses se sont dégradés. Pour résumer, je dirais que mon patron a choisi d’interpréter ma timidité comme un rejet de lui et de sa boite. Partant de ca, il s’est mis à m’exclure de plus en plus, et à ainsi provoquer une seule chose : que je ne le supporte plus, ni lui, ni sa boite. La fin de stage s’est faite dans la douleur, chaque jour à subir les heures, comptant les jours qui me séparaient de la délivrance. Ce 30 septembre, j’ai pas demandé mon reste “aurevoir tout le monde et à bientôt… ou pas”.La suite ? Direction Paris. Oui, moi le sudiste qui est tant et tant critiqué Paris me suis finalement décider à tenter l’aventure parisienne. Nouveau taf, nouvelle ville, nouvelle vie. Je dois dire que jusque là, les choses se passent pour le mieux. Mon boulot est génial, réellement génial. Je revis. Et Paris ? Ben Paris, en fait c’est chouette. Bon ca manque de soleil, mais c’est en réalité une super ville, qui bouge sans arret, un tas de choses à voir, à découvrir. Je partais avec un a priori totalement négatif, et me voila conquit.Coté transition par contre, c’est au point mort. L’hysto est en attente. En attente d’avoir le temps et la motivation. Faudra que j’y passe je le sais, mais pour l’instant j’ai d’autres chats à fouetter. Ma demande de changement d’état civil a été déposée, je suis, là aussi, “en attente” d’un reveil du tribunal…J’continue donc mon bout de chemin, de nouvelles aventures, loin de ce qui m’agitait il y a deux ans, tel un mec lambda, et y’a pas à dire, c’est le pied.La vie, la vraie, ca roxx.PS: Allez, spéciale casdédie à Gemnini, ancienne lectrice secrète de ce blog :p

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Retour au pays
Par Mike, le 6 avril 2008 à 0:36

Voila plus d’un mois que je suis rentré au pays, avec en prime un nouvel appart 3 fois plus grand que l’ancien. Y’a pas à dire, ca l’fait. Quoi qu’il en soit, et aussi heureux que ca puisse me rendre, ca a été assez perturbant au départ. En fait, je crois que ca l’est toujours un peu… Je m’étais habitué aux choses : mon quotidien à Nice, les retours familiaux de temps en temps à Nimes. Et là, pof, on compile le tout pour donner une nouvelle vie à Montpellier. D’un coup : plus de repères, plus aucune sécurité nulle part, juste un bond dans un passé modifié. La première semaine a été la moins évidente. Une grosse claque dans la tête, ce genre de moment où on revoit se jouer un bout du passé, mais d’un autre point de vu. Point de vu qui était bien sur celui de mes parents, et le passé en question ces 5 dernières années. En fait, j’me suis retrouvé d’un coup à voir l’histoire telle qu’ils l’ont vu, sans les moments où j’étais loin et pas vraiment bien, juste mes week end ici où je faisais tout et surtout n’importe quoi, des trucs et des réactions qui me ressemblent pas, mais qui découlaient de mon quotidien qu’ils ne connaissaient pas. Bref, tout ca ne doit pas être très clair, surtout dans ma fatigue du soir, mais ca a pas mal été le bordel. J’ai passé les premiers jours quasi dépressif à pas faire autre chose que ressasser les choses.

Puis bon, comme tous les coups de blues ca passe, et la vie reprend le dessus. En fait, hormis cette semaine space, les derniers mois ont été géniaux, le pied d’enfer. C’est assez difficile à décrire, mais certains moments “clés” resteront sans doute un bout de temps dans le top10 des jours les plus jouissifs de ma vie. Je m’étais taté à déballer tout ca ici avant, mais je flippais que de coller des mots sur des emotions les gachent. Pour tenter de décrire, j’ai réalisé que j’étais un des mecs les plus chanceux du monde. J’ai eu la veine de 1) trouver la voie qui me plaise 2) avoir la possibilité de la prendre 3) être bon dedans 4) que cette voie dans laquelle je suis bon m’assure a priori d’un avenir professionnel radieux. A partir de là, ca a été l’extase. Comment dire… C’est comme rever d’un truc, avoir envie qu’il se réalise, flipper, toussa, et d’un coup l’avoir devant soi. Mais ne pas vraiment l’avoir, juste le caresser du bout des doigts, le deviner, mais pas trop, pour ne pas être décu, juste l’imaginer, sans doute plus beau qu’il ne sera réellement, mais savoir qu’il est là, à nous, et savourer chaque instant. Finalement, c’est un peu ca l’image de mon avenir actuellement, du reve, rien de vraiment concret, mais la putain de bonne sensation que tout, mais vraiment tout, sans aucune limite, est possible. Ca peut sans doute paraitre con, surtout de la manière dont je l’exprime, mais c’est putain de vraiment génial.

Pour les trucs plus terre à terre, ben heu… j’ai commencé mon stage lundi dernier. J’ai donc choisi d’aller dans une petite boite d’une 15aine de personne. Pourquoi ? Tout simplement parce que après réflexion et révision de mes objectifs, j’ai compris qu’un des trucs les plus primordials pour moi à ce jour, c’était d’avoir un taff pour autre chose que payer les factures. Bien sur il doit les payer… et si il pouvait laisser un peu de rab je serais pas contre :p mais j’ai surtout envie de faire parti de quelque chose, de plus que me lever le matin bosser juste parce qu’il le faut, de vraiment réaliser un truc. Tout ceci à mon échelle et dans mon domaine bien sur. Au final, rien de tout ca ne collait avec 90% des boulots qu’on me proposait, à savoir faire partir d’X ou Y grosse SSII pour lesquelles je serais un employé lambda qui sert à rien, dont on se passe facilement, et qu’on déplace de boite en boite au gré des contrats. Me voila donc au milieu d’une petite SARL, pas trop petite non plus histoire qu’il y ait une bonne dynamique de groupe, mais assez petite pour y avoir une vrai place à moi. Bon c’est vrai que pour l’instant je suis juste le stagiaire qui vient de débarquer, mais un jour qui sait :p

J’avais choisi le stage il y a plusieurs mois, et avais plus ou moins décidé de ne pas y penser, de ne pas me prendre la tête et de sauter dans le bain au dernier moment. Résultat des courses, je n’y ai quasi pas pensé, jusqu’au vendredi avant mon démarrage où on m’a appelé pour une réunion pré-début de stage afin de m’exposer ce qui serait attendu de moi. Grosse bouffée de stress d’un coup, limite panique à bord de peur de passer pour un boulet. Au final c’est ce qui a du arriver vu que j’ai laché 3 phrases durant toute la réunion, et qu’aucune d’elle n’était dans un francais correct. J’espere avoir remonté la pente au cours de la semaine passée ^^

L’ambiance au taff est plutot cool, dans le style assez détendu. En fait c’est assez “marrant” la séparation des choses. Les filles s’occupent des ventes/payes/embauches/etc, les mecs sont tous ingénieurs. Je sais pas si c’est voulu, ou si c’est fait expres, mais ca fait que j’me retrouve dans une équipe 100% masculine, où ca s’insulte et fait des concours de pets à tout va. Bon j’exagère, ca n’est bien sur pas que ca, et heureusement, mais j’ai plus l’impression d’être au milieu d’une bande de pote qui délire qu’au travail. Je sais pas si c’est la réalité, ou si c’est ma perception des choses, mais dans ce genre de “schémas” je sens toujours une certaine concurrence entre tous les mecs du groupe. Un trip à “celui qui pissera le plus loin”, et ca fait que j’ai un peu du mal à m’y sentir à ma place. Mais j’ai pas envie de retomber dans mes anciens clichés, me planquer dans un coin pour tenter d’etre invisible. Je vois vraiment ca comme un gros défi pour moi, autant sur le plan humain que sur le plan professionnel, et j’ai envie de voir de quoi je suis capable.

Le reste ? Ben c’est essentiellement la famille. De ce coté là aussi ca va, ca va même beaucoup mieux, essentiellement avec mon père. On est pas les meilleurs potes, loin de là, je pense même qu’on s’approche plus de la case inconnu. Y’a qu’à voir il y a quelques jours quand une amie du boulot de ma mère savait que ma couleur préférée quand j’étais petit était le vert, alors que lui ne le savait pas… C’est pas toujours évident. Ni pour l’un ni pour l’autre, mais je vois qu’il fait des efforts, alors je me dis qu’il ne tient qu’à nous de reconstruire les choses…

Edit : Ah oui, j’en oublie un truc ! Ma transition. Que dire… Rien je crois. C’est actuellement la dernière de mes préoccupations. Je suis en train de monter un dossier avec mon avocate pour tenter le changement d’état civil avant l’hystérectomie. Si ca marche tant mieux, si ca marche pas j’en ferais pas un drame. T’facon cette hysto je la ferais tôt ou tard, alors je referais ma demande ^^ Quand j’ai commencé ce blog, je me plaignais de trop regarder les autres vivre au lieu de vivre ma vie. Il est temps que ca change.

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