Extraits du quotidien
Par Mike, le 12 décembre 2007 à 21:35

Aujourd’hui en essayant de m’inscrire au TOEIC :
- Votre nom monsieur ? C’est pour l’inscription… C’est celui du chèque ?
- Heu… oui
- Hum… Vous vous appellez vraiment Amélie ?
- Oui oui
- Mais heu… C’est un prénom de fille !
- Oui je sais…
- Non mais c’est pas possible monsieur, en plus il y a marqué « Mademoiselle » devant !
- Oui je sais ! C’est moi… Je suis en cours de changement d’état civil… Mais pour l’instant c’est bien ca officiellement
- Heu… Vous vous moquez de moi là monsieur ?

L’autre jour, en prennant RDV pour mon hystérectomie :
- Vous venez pourquoi monsieur ?
- Une hystérectomie (dis le plus naturellement du monde, j’avais pas calculé ^^)
- Heu pardon ? Je suis désolé monsieur, mais on ne peut pas vous faire une hystérectomie
- Hum… si
- Non monsieur, vous n’avez pas d’utérus, on ne peut donc pas vous faire d’hystérectomie !

… Et des comme ca, je commence à en avoir un bon paquet en réserve.
Le tout est généralement suivi d’une brève explication suite à laquelle la personne en face me regarde avec d’énorme yeux tant elle parait choquée puis est prise d’une vague de panique, n’ose plus me regarder et traite mon cas au plus vite, limite en tremblant.

Et moi pendant tout ce temps, j’me marre à l’intérieur :p

En fait, c’est marrant la vie de trans :)

Posté dans Transition | 2 commentaires »

L’avenir devant moi…
Par Mike, le 10 décembre 2007 à 22:40

Dans deux mois maintenant, vacances comprises, j’en aurais fini avec les cours. Le temps d’achever le projet d’étude et d’accomplir un stage de six mois, et je serais titulaire d’un diplome d’ingénieur. J’ai du mal à réaliser tout ca. J’dois avouer que j’me rend compte que j’reviens de loin, ou en tout cas, qu’il s’en est fallut de peu pour ne pas réussir.

Il y a 5 ans de ca, je quittais le domicile familial, un sac sur le dos, et j’me retrouvais à l’autre bout de la France, sans toit, sans travail, sans un rond. A dormir dans les champs, et à faire quelques conneries pour joindre les deux bouts, ou au minimum avoir de quoi me remplir le ventre. Et aujourd’hui, j’suis en train de faire tout un tas de projet, de chercher un stage qui pourrait déboucher sur un CDI, un appart. Bref, en train de dessiner l’ébauche de ma future vie.

En fait, j’me rend compte que j’ai toujours secretement revé de tout ca, mais revé comme on reve d’un truc qu’on aura jamais. Je revais d’une pseudo vie « normale », de celle dont j’étais privée, et là voila, là, juste devant moi.

Il y a quelques mois encore, je disais avoir peur de ce vide intérieur. De cette absence de… heu de quoi en fait ? Ce mélange de rage et de douleur qui habitait mon ventre depuis toujours. Finalement, c’est le pied. Les seuls moments où j’me sens mal, sont les rares fois où j’me « dispute » avec ma copine. Le reste du temps… c’est le pied tout simplement.

J’en suis enfin plus à survivre, mais à essayer de construire. Construire ma vie, construire mon avenir, me construire moi.

D’ailleurs, en parlant de ca, j’ai réalisé quelques trucs il y a peu de temps. Enfin… disons que de feter mon anniversaire m’a fait réaliser pas mal de trucs. Pour resituer dans le contexte ^^ J’ai fêté mon anniversaire avec des anciens copains, essentiellement de lycée, plus quelques nouveaux copains à eux. La soirée a été sympa, hormis le gros bordel autour de moi. Les nouveaux a qui on me présentait juste comme « Mickael » et les anciens qui soit se mélangeaient les pinceaux par habitude, soit ne faisait aucun effort.

En fait, c’était très space de revoir des gens que je n’avais pas vu depuis un an voire plus. Parce que autant à un moment j’étais habitué à l’ambiguité du il/elle, autant maintenant ca ne fait plus du tout parti de mon quotidien, et m’y retrouver, ben j’étais super mal à l’aise. Plus d’une fois j’ai revé de disparaitre, coincé dans une discussion avec des personnes qui me parlent au féminin, et d’autres au masculins, et tous ces gens qui me regardent avec des gros yeux selon comment les autres accordent leurs phrases.

Bref. Feter mon anniversaire avec une moitier d’ancien copain, et une moitier d’inconnus m’a surtout fait remarquer le néant de ma vie. En dehors de ma copine, et des quelques copains que j’ai au bahut, je ne vois personne. La seule vie sociale que j’ai se fais par écran interposé.

Faut dire qu’avec tout le bordel que j’ai foutu dans ma vie ces dernieres années, j’me suis retrouvé à fuir les gens pour essayer d’me trouver moi, plutot qu’à faire des rencontres et aller vers les autres. Sauf qu’aujourd’hui, tout est différent. Si je suis finalement passé à coté de tous les bons moments que j’aurais pu vivre pendant mes études, j’ai pas envie d’en perdre plus. C’est vrai quoi… C’est quand meme ca le coeur de la vie. Les rencontres, l’échange, nos diversités. C’est ca qui fait que les choses méritent d’etre vécues. Rester seul dans son coin… c’bien plus facile, mais bien moins interessant.

Voilà donc ma nouvelle résolution, ou plutot, mon nouvel objectif, parce que les résolutions, on les tient jamais. M’ouvrir au monde ^^

Au passage, histoire de donner des nouvelles un peu :p Si tout se passe bien, mon hystérectomie est prévue pour début mars. Juste après mon démenagement et juste avant le début du stage. J’me prend 2 semaines pour faire ca, et me remettre, puis j’attaque. En parallèle à ca, j’suis en train de lancer les choses pour le changement d’état civil. Je cherche un avocat, et je commence à harceler les gens pour avoir des témoignages. Comme ca, après tout doit rouler, reste plus que les formalités à remplir, et à moi la vie :)

Posté dans Humeur du jour | Un commentaire »

Des nouvelles du front
Par Mike, le 9 novembre 2007 à 15:44

Ca fait un bail que j’me dis qu’il faut que j’balance des nouvelles ici, mais j’ai toujours un bon prétexte pour reporter. Faut dire qu’en ce moment ca chome pas vraiment. Un max de taf entre les projets de l’école et les projets persos, les journées de 24h deviennent étroites. Puis au passage la vie qui nous joue des tours… Bref :p

Deja, mon opé. J’m'en étais arreté au rdv post-op et à mon épanchement qui n’avait pu etre totalement ponctionné. J’ai donc du me taper des allers retours au travers la France pour a la fois finir mes vacances, voir mes parents, revoir le chir, et etre en retard pour ma dernière rentrée (ca fait bizarre d’ailleurs, à 6 mois d’etre un « grand »). Au programme donc : Paris -> Toulouse -> Nimes -> Paris -> Nimes -> Nice ! Pour ren revenir au second rdv post-op, le chir a cette fois pu ponctionner tout le reste du sang, il a en sorti une énorme seringue de genre 20cm de longueur et 3 de largeur. Moi le peureux des piqures j’ai été servi. Mais bon, après ca, la bosse avait quasi disparut et une partie de mes craintes avec. Une partie seulement, car pendant qu’il enlevait les derniers fils, il a découvert un début de nécrose en dessous de l’aréole droite. Il n’avait pas l’air inquiet, donc j’me suis pas inquiété non plus sur le coup. Il m’a prescrit des pansements à faire quotidienne essentiellement pour éviter que ca se développe. Selon lui en 10 jours tout aurait disparut…

Mais à mon retour à Nice le lendemain (oh putain que c’est bon de rentrer chez soi après un mois à squatter à droite à gauche) en changeant mon pansement le gros flip. La petite nécrose ridicule faisait pas loin d’un cm de diametre, le tout bien blanc/jaune l’histoire de m’éffrayer encore plus. La première chose que j’ai donc fais, c’est d’aller chez le toubib (ca me changeait), qui a pu me rassurer sur le fait que l’infection n’était que superficielle, mais que quand même, il faudrait pas mal de temps pour qu’elle se résorbe et surtt qu’il resterait des traces visibles. Lui était me conseillé deja d’envisager une retouche esthétique et tout, alors que moi… un bout de téton en plus ou en moins, ca va pas changer ma vie.

Au final, il aura fallut plus d’un mois de pansements quotidiens pour faire reculer la bete. Aujourd’hui, il ne reste plus que (j’espere) les derniers étapes de la cicatrisation. Quoi qu’il en soit, cette saloperie m’aura qd meme bouffé quasi tout le tiers inférieur du téton droit, mais bon, au moins on reconnaitre mon torse de loin :p

Pour le reste, y’a pas à dire, c’est le pied depuis l’opé. Plus de bandages, plus d’etouffement, la liberté ! J’peux etre enfin torse nu chez moi sans me cacher de ma copine, mettre les fringues que je veux sans flipper qu’on voit une bande à travers, le pied quoi !

En dehors de l’opé, j’ai vu un chirurgien sur Nimes pour ma future hysterectomie. C’est mon endocryno qui m’y a envoyé, il a deja opéré des trans’, et ne prend qu’une centaines d’euros de suppléments d’honoraires. Et comme l’aspect technique/esthétique de cette opé est bien moindre, je vais pas me prendre la tete, il me convient, ce sera lui. A priori, ce sera pour février/mars. Entre la fin des cours et le début de stage. Comme ca, après ca roule pour le taf, pas besoin de calculer les arrets de travail. En attendant, il m’a deja fait une attestation comme quoi mon opé était planifiée afin que je puisse lancer les démarches pour le changement d’état civil. De tte facon, d’ici à ce que se soit fait, j’aurais eu mon hysterec depuis un bail.

Voila donc mon nouvel objectif : le changement d’état civil ! J’ai vraiment pas eu le temps de m’en occuper, va falloir que j’essaye de le trouver. Faut deja que je trouve un avocat pour m’aider, de préférence qq’un qui a deja traité ce genre de cas. Et parallèlement à ca que j’demande des témoignages à tous les gens que je connais… Les potes ca devrait aller mais la famille… En dehors de ma tante et p’tre ma soeur, ca va etre chaud :/ Maman ? Bref, voila de quoi m’occuper au cas ou je m’ennuie. Ca + les projets + la recherche de stage et d’appart, mes soirées d’hiver vont je pense etre bien remplies.

Ah oui, pour finir, une bonne nouvelle que j’ai zappé : la mutuelle de ma mère a accepté de rembourser l’intégralité de ma mammec’ ! Ce qui fait que j’ai pu deja rembourser ma chérie et le couple de copain qui me subventionnaient :p m’acheter un nouveau pc, et mettre un peu de coté pour le changement d’état civil :)

Posté dans Transition | 3 commentaires »

[Dream]
Par Mike, le 26 octobre 2007 à 19:14

J’ai fais un rêve étrange cette nuit. Le genre de rêve où le temps est compté, où il ne reste qu’un instant à partager avec les gens qu’on aime, où on court après la montre dans l’espoir de rattrapper quelque chose alors qu’il est deja trop tard. Le genre de rêve plein de regrets et de remords, de tout ce qu’on aurait voulu faire et qu’on a pas fait, de tout ce qu’on aurait voulu dire et qu’on a pas dit. J’ai courru, encore et encore. Pour dire quoi ? Je ne sais pas vraiment, un « je t’aime » noyé dans des sanglots, deux mots pour tenter de dire ce qui au fond ne peut être dit. J’me rappelle m’être reveillé plusieurs fois, m’être même levé, pour finalement m’y retrouver à chaque fois que j’me replongeais dans le sommeil. Finalement, c’est mon reveil qui m’a sorti de ca, presque en asphixie tant tout paraissait réel. De vagues souvenirs qui se mélangent, et cette boule dans le ventre à cause de ces regrets qui ne sont pas partis depuis la nuit.

Ce soir, c’est ma mère qui m’a appelé. Et au son de sa voix, j’me suis retrouvé dans le cauchemar de ma nuit. Un appel tout ce qui est de plus banal, des nouvelles avant de se souhaiter un bon week-end. Pourtant, au bout du fil, l’air me manque à nouveau, et je serre les dents pour cacher l’émotion. On raccroche, et je n’ai rien dis de plus. De toute facon, je ne sais pas plus que cette nuit ce que j’aurais voulu dire. J’ai eu beau chercher ce qui aurait pu tout changer, mais j’ai rien trouvé.

Posté dans Family, Humeur du jour, Transition | 2 commentaires »

Inévitable naufrage
Par Mike, le 28 septembre 2007 à 17:35

J’arrive pas à accepter que part le simple fait d’exister je puisse faire autant de mal autour de moi. Par autour, j’entend bien évidemment mes parents. Je sais que je ne suis pas responsable, mais c’est indirectement la recherche de mon bonheur qui fait autant de vague. Mes parents, ces deux rocs que je n’ai jamais vu trembler et que je vois s’éffondrer devant moi. Ma mère en sanglot qui me dit qu’elle m’aime. Mon père anéanti qui m’explique ne plus arriver à me reconnaitre.

Le pire, c’est que c’était inévitable. Et que même si je ne l’avais pas fait, j’aurais moi été tellement mal que j’aurais continué à déconner et ca les aurait touché aussi. Même en finir n’apaiserait rien. Juste trainer sa croix, et devenir spectateur du désastre.

Posté dans Family, Transition | 2 commentaires »

« Posts précédents   Posts suivants »